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ÊTRE FEMME ET SOCIALISTE

-« Bienvenue… »

Le cœur du secrétaire de section de l’époque n’y est pas du tout, comme il ne le sera jamais des années durant. Le ton de la voix est resté dans les gammes vaincues de la défaite récente aux Présidentielles et aux Législatives de 2007, comme un « La » sur la décennie difficile à venir, entre renoncements majeurs parsemés de quelques sursauts de valeur, de temps à autre, au PS. Excepté ce jour unique de joie expressive qui a guéri de bien des maux, celle de notre victoire du 6 mai 2012, la vie est décidément très dure à l’école socialiste, tous les autres jours, pour la majorité des siens, une école de douleur et d’espérance[1], et ô combien pour cette espèce de camarades, heureusement plus nombreuses désormais, dénommées « femmes ».

Les premiers mots d’accueil sont flétris comme la Rose, l’absence répétée de convivialité a mis à mal notre fraternité. Là où l’émancipation de chaque individu est, sans cesse, plaidée, on y pratique pourtant régulièrement l’injustice. Une injustice quasi caractérielle, peuplée de conservateurs de tout poil qui s’ignorent, guidés par la peur au ventre de la fin d’un long cycle politique éprouvé avant que le suivant salutaire, n’advienne, car il s’inscrit dans le sens de l’Histoire. Aussi, quelques tâches misogynes laides et tenaces incrustées dans le regard et les gestes de quelques camarades fatigués doivent être effacées afin de remettre l’espoir, lui, invincible, au creux de nos poings pour lutter, lutter, lutter, au nom de la justice sociale.

Il y a des réponses à toutes ces hontes et nous devrons répondre à toutes celles et ceux qui sont restés fidèles à la voix de Jaurès, de Blum, et à tant d’autres esprits dont la pensée n’a jamais quitté les engagements historiques de la famille PS. Il est question de la vie, de toutes celles et ceux qui ont besoin non plus de rêver interminablement d’égalité des chances mais d’avoir le droit de toutes les saisir pour vivre et se réaliser pleinement.

-« La France n’est pas prête pour une femme et ce n’est pas demain la veille », clame-t-on dans l’antre habituelle de la vie du PS « la section ». L’un dit sa défiance du système présidentiel avec des mots érudits, l’autre que le PS doit changer (déjà) ou mourir et un autre camarade insiste comme la bêtise contre « les jupes au pouvoir, de plus en plus velléitaires partout…  ». Cette première réunion de section dira beaucoup de mal sur la pelle des dizaines d’autres qui suivront, de défaites en victoires et de victoires en défaites, jusqu’à cette veille de printemps 2018, obligée, ici et maintenant, de nous faire guérir de tous les hivers sombres socialistes passés, ceux qui ont mis en berne la pensée comme une pratique politique, capables de remettre à nouveau en mouvement la société, sans oublier les femmes, aucune femme.

Femme et socialiste ? L’enthousiasme inouï d’une adhésion à 20€ en 2006 en ligne est resté intacte, après avoir affronté des vents contraires internes violents autant que cette même adhésion en aura suscité, ensuite, d’autres nombreuses et combatives, restées tout aussi intactes que la mienne. Pourquoi ? Parce que « se vouloir libre, c’est aussi vouloir les autres libres. »[2] En ce sens, militer au parti socialiste demeure un engagement extraordinaire, là-même où les plus grandes conquêtes sociales ont changé la vie !

Une élection chasse l’autre, mais au nom d’un nouvel humanisme, faisons d’Aubervilliers le Congrès de la Renaissance socialiste et féministe où chaque militant.e sera respecté.e, dans son entier engagement et son entier talent. Ensemble, dans un travail militant, preuves après preuves d’égalité, nous aurons à transformer les statistiques médiocres qui disent le grand mal d’une société injuste où la moitié des êtres humains, femmes, restent secondaires, avant-dernières et dernières, malgré un grand siècle de conquêtes de leurs droits fondamentaux.

Une voix résonne gravement, toujours, et guide sur ce chemin de combat pour l’égalité réelle, celle de Simone de Beauvoir : « Jusqu’ici les possibilités de la femme ont été étouffées et perdues pour l’humanité et il est grand temps dans son intérêt et dans celui de tous qu’on lui laisse enfin courir toutes ses chances. »[3]

Vive le 8 mars 2018 et les autres 8 mars à venir, jours où toutes nos chances auront été courues !

Bienvenues !

 

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[1] René Char, à propos de la Résistance.

[2] Extrait de « Pour une morale de l’ambiguïté ». Essais. 18.11. 1947

[3] in « Le Deuxième Sexe », tome II, « Vers la libération », p. 559, 1949

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